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Sylvie Mauris-Demourioux | 10 janvier 2016 | Mots-clés migrant statistique frontière | Fils rouges publics exclus
© Eurostat,2015

Pour financer leur accueil au Danemark, les réfugiés devront laisser au gouvernement argent (au-delà de 400€) et bijoux (sauf alliances) … Ce projet de loi, écho d'une vieille loi suisse qui semble retrouver de la vigueur, témoigne de la difficulté des pays européens, confrontés à un afflux de réfugiés sans précédent depuis la seconde guerre mondiale, à faire preuve de solidarité. De solidarité humaine envers ces personnes qui fuient, pour la plupart, leurs pays en guerre et cherchent la sécurité. De solidarité européenne envers les pays d’entrée (Grèce, Italie, Turquie) qui ne peuvent, seuls, accueillir et traiter dignement ces « flux ». 

Qui sont-ils ? Pour l’Europe de l’espace Schengen, près d’un million de personnes, auquel il faut ajouter les 2 millions arrivés en Turquie. Majoritairement des hommes (58%), des mineurs (25%) dont près de 20% fuit seul, et des femmes (17%). Majoritairement des Syriens, des Afghans, des Erythréens, des Iraquiens. La plupart traverse la Méditerranée mais de  nouvelles routes terrestres s’ouvrent via les Balkans et au gré des fermetures de frontières.  Face à eux, l’Europe patine entre un plan de relocalisation arraché à ses membres et un marchandage avec la Turquie troquant la relance de la procédure d’adhésion à un meilleur contrôle du flux humain. Pour mieux se représenter ces réalités, la Cimade a élaboré une carte à gratter, version papier ou interactive.

© La Cimade

Leur destination européenne ? Plutôt l’Allemagne, la Suède ou l’Italie. Même si la France arrive en 4ème position avec 65 000 demandes d’asile déposées, cela pèse peu comparé aux 800 000 demandes en Allemagne.  Côté accueil, la France se démarque par un taux d’octroi du statut de réfugié bien faible en comparaison de bon nombre des pays européens chez qui ce taux a considérablement crû : la France a accordé le statut de réfugié à seulement 30.1% des demandes d’asiles, soit 20 640 personnes, contre un taux de 82.7 en Suède, de plus de 90% à Chypre ou en Bulgarie (voir carte interactive).

En Rhône-Alpes-Auvergne, des réticences émergent face à cette solidarité vécue comme imposée : Gex et Romans se veulent des villes sans migrants, Roanne et Charvieu-Chavagneux ne sont disposées à accueillir que des chrétiens, toutes par souci de ne pas déstabiliser leur équilibre social ou de s’occuper d’abord de « leurs » pauvres. De leur côté, les conseils régionaux ont spontanément voté 600 000€ d’aides et des municipalités se mobilisent pour accueillir des familles avec le soutien des citoyens et de la société civile. Pour  l'association Singa, qui a mis en place le dispositif Calm (Comme à la maison), " accueillir renforce la société ". Partager un repas, des activités, ouvrir sa maison le temps d’un week-end, de quelques semaines ou mois sont quelques unes des actions proposées à ceux qui veulent faciliter l’inclusion de ces nouveaux arrivants (voir aussi le Service Jésuite des Réfugiés  ou encore l’application du journal Libération recensant les actions mises en place).