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Cartographie des intermédiaires des marchés locaux du travail (4) : les Entreprises de travail temporaires d'insertion (ETTI)


Boris Chabanel | 2 octobre 2017 | Mots-clés accompagnement chômage entreprise insertion | Fils rouges emploi & insertion

Faisant suite à un précédent billet, cet article s’intéresse à nouveau à l’étude réalisée par le Centre d’études de l’emploi et du travail sur la diversité et les dynamiques des intermédiaires du marché du travail. S’appuyant sur deux enquêtes de terrain (entretiens auprès de responsables de structures et d’équipes dans un territoire urbain limitrophe d’une grande agglomération régionale et une agglomération située en Île de France), cette étude propose une série de portraits permettant de mieux comprendre les logiques d’action de chaque acteur. Celles-ci sont analysées à travers cinq grandes dimensions : leur positionnement par rapport à l’offre et la demande d’emploi ; leur modèle d’intermédiation ; leur modèle économique ; la territorialité de leur activité ; leurs relations avec les autres intermédiaires. Ce billet s’intéresse aux Entreprises de travail temporaires d’insertion (ETTI).

L’étude rappelle tout d’abord que les ETTI sont des structures appartenant au secteur de l’insertionpar l’activité économique (SIAE). Elles ont en commun de mettre en place des conditions d’emploi spécifiques pour les personnes considérées comme rencontrant des difficultés d’insertion professionnelle. Ces agences sont soumises à l’ensemble des règles relatives au travail temporaire et délèguent leurs salariés à des entreprises « classiques » mais, parce qu’elles ont comme vocation exclusive l’insertion professionnelle de publics en difficulté, elles bénéficient d’une aide financière de la part de l’État octroyée dans le cadre d’une convention. En plus du travail de délégation auprès d’entreprises utilisatrices, elles assurent un suivi et un accompagnement social et professionnel, pendant et hors des missions, pour les salariés délégués.

A la différence des ETT classiques, les personnes intégrant les ETTI sont orientées par des partenaires qui œuvrent dans le champ de l’emploi et du social : services communaux, mission locale, structure RSA, MDE, etc. La reconnaissance de ces publics en difficultés fait l’objet d’un agrément attribué par Pôle emploi : jeunes de moins de 26 ans en difficulté, bénéficiaires du RSA, demandeurs d’emploi de longue durée, etc.).

Sur les deux territoires enquêtés, les ETTI ne prospectent pas les entreprises mais accèdent à leurs clients par le biais de la clause d’insertion qui oblige les entreprises désireuses d’obtenir un marché public à souscrire à une obligation d’insertion de publics en difficulté. Cette obligation facilite grandement la tâche de l’ETTI quant au placement de son public. Du reste, l’ETTI assure moins la qualité de son public que celle du service qu’elle rend à l’entreprise, en prenant à sa charge la résolution des problèmes que rencontre la personne dans l’exercice de sa mission. Ceci passe par la présence d’un salarié de l’ETTI lors de la prise de poste, des rendez-vous réguliers entre le salarié et l’intérimaire, la disponibilité du salarié accompagnateur en cas de problème, etc.

Deux modalités d’accès à ces marchés « clausés » sont possibles : soit par le biais direct des entreprises qui se sont vues attribuer le marché et qui contactent les ETTI ; soit par le biais d’un « facilitateur de clause » sorte d’interface entre les entreprises et le secteur de l’IAE, dont une des missions est de mettre en relation les deux acteurs de ces marchés clausés. L’étude souligne cependant que les ETTI sont parfois en concurrence avec les ETT classiques pour décrocher les marchés publics clausés auxquels ce dernier peut également prétendre dès lors qu’il est en capacité d’apporter la preuve que leurs candidats relèvent bien des catégories visées par le législateur dans le cadre de la clause d’insertion.

Source : Fédération des entreprises d'insertion, Guide de l'entreprise de travail temporaire d'insertion