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La baisse du nombre d’allocataires de minima sociaux sera-t-elle durable ?


Aurélien Boutaud | 11 septembre 2017 | Mots-clés statistique accompagnement pauvreté chômage retraite handicap précarité seniors | Fils rouges chiffres

En s’appuyant sur les données de la Caisse nationale d’allocations familiales, le centre d’observation de la société s’est récemment fait l’écho d’une tendance encourageante à la baisse du nombre d’allocataires de minima sociaux en France. Les Départements et Métropoles, qui portent l’essentiel de la charge liée à ces allocations, peuvent évidemment se réjouir d'une telle nouvelle. Reste à savoir quelles allocations sont en baisse, pour quelles raisons… et si cette tendance sera durable. 

Dix ans de hausse…

La première raison de se réjouir est liée au fait que le nombre de ménages bénéficiaires avait littéralement explosé au cours des dix dernières années. Avant cela, ce nombre était resté globalement stable, du fait de deux tendances inverses qui tendaient à se compenser : d’un côté le nombre d’allocataires du minimum vieillesse tendait à baisser, du fait du taux d’activité plus important des femmes, qui avait un impact positif sur le niveau de leurs allocations de retraite ; d’un autre côté, la pauvreté des adultes tendait à s’accroître, élargissant ainsi le nombre d’allocataires du RMI puis du RSA.

Après le milieu des années 2000, la baisse du nombre d’attributaires du minimum vieillesse s’est toutefois enrayée, en particulier à cause de l’arrivée à la retraite de générations qui ont connu des carrières plus chaotiques et qui, de ce fait, touchent des pensions parfois incomplètes. La crise de 2008, de son côté, a fait exploser le nombre de bénéficiaires du RSA, qui est passé d’1,3 à 1,8 million entre 2008 et 2015 (soit 40% de hausse).

Enfin, sur la même période, on notait un accroissement de 30% du nombre de titulaires de l’allocation adulte handicapé,  « qui s’explique par sa revalorisation mais peut aussi refléter un retrait du marché du travail de personnes marquées physiquement. »

…et le début d’une embellie ?

L’année 2015 avait marqué une pause dans cet accroissement global, mais l’année 2016 semble enfin amorcer une baisse. C’est en tout cas ce que laisse deviner l’évolution des chiffres du RSA « socle » (pour l’instant les seuls connus). Entre fin 2015 et fin 2016, le nombre de ménages allocataires a en effet baissé de 91.000, soit une réduction de 5 %.

Le centre d’observation de la société explique cette tendance par une légère amélioration de la situation sur le plan de l’emploi. Mais il prévient qu’ « il est beaucoup trop tôt pour en conclure un retournement de tendance. » D’abord parce que cette embellie du côté du RSA ne sera pas forcément accompagnée d’une tendance similaire du côté du minimum vieillesse et de l’allocation adultes handicapés. Mais aussi parce que « la variation du nombre de chômeurs se répercute après un certain délai sur le nombre d’allocataires du RSA, en fonction des règles d’indemnisation du chômage. » Et sur ce front, les tendances sont encore loin d’être confirmées, comme le rappellent encore les récents chiffres publiés par Pôle Emploi pour le mois de juillet.

Il y a fort à parier que ces évolutions seront étroitement surveillées par les Départements et les Métropoles dans les mois à venir…