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La transition écologique, une voie porteuse d’emplois ?


Boris Chabanel | 22 mai 2016 | Mots-clés prospective métiers | Fils rouges emploi & insertion

Par l’ambition de transformation des modes de production et de consommation qu’elle porte, la transition écologique pourrait constituer une opportunité majeure pour stimuler l’innovation, l’investissement, l’activité et l’emploi. C’est cette intuition qu’a souhaité explorer le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) dans un avis publié en 2015.

Selon le CESE, la mise en œuvre des objectifs inscrits dans la loi relative à la transition énergétique adoptée en 2015 –  multiplier par plus de deux la part des énergies renouvelables dans le modèle énergétique français d’ici à 15 ans ; réaliser la rénovation de 500 000 logements par an ; valoriser 55 % des déchets non dangereux en 2020, etc. – et la croissance soutenue de l’emploi dans les éco-activités (énergies renouvelables, traitement des déchets et de l’eau, recyclage, etc.) ne doivent pas faire oublier que des destructions d’emplois sont aussi à prévoir. En effet, les contraintes qui pèseront de plus en plus fortement sur les secteurs les plus polluants et consommateurs de ressources non renouvelables (raffinage, sidérurgie, cimenterie, chimie, etc.) pourraient entraîner une contraction de leur activité.

Plus largement, le CESE alerte sur le fait que, si différentes études prospectives concluent globalement à une création nette d’emploi en raison d’une intensité en emploi plus forte des secteurs bénéficiaires de la transition écologique, l’emploi ne saurait être considéré comme une simple conséquence de cette dernière. Il en conditionne aussi la réussite. Selon le CESE, sans un volant de travailleurs compétents pour concevoir et déployer les investissements dans les technologies vertes, et assurer la transformation des différents secteurs d’activités, les promesses de la transition écologique demeureront difficiles à concrétiser. Le CESE appelle ainsi à faire de l’enrichissement des compétences des travailleurs et de l’accompagnement des transitions professionnelles entre les métiers fragilisés et les métiers en développement une dimension à part entière des politiques de transition écologique.

Pour ce faire, le CESE met en évidence plusieurs leviers à consolider et mobiliser :

  • Anticipation des mutations économiques induites par la transition écologique et de leurs implications en matière d’emplois et de compétences ;
  • Valorisation et promotion des métiers verts (dont certains sont en tension ou souffrent d’un déficit d’image) ;
  • Définition de référentiels de compétences intégrant l’objectif de transition écologique ;
  • Intégration des enjeux et besoins de la transition écologique dans l’offre de formation actuelle ;
  • Mise en place d’un accompagnement spécifique pour les PME (anticipation des besoins et accès à la formation)
  • Implication et coordination de l’ensemble des acteurs concernés : service public de l’emploi, collectivités, collectivités, partenaires sociaux, observatoires de branches et interbranches, observatoires régionaux emploi-formation (OREF), etc.