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Le numérique au service de l’inclusion des personnes handicapées


Cédric Polère | 17 octobre 2017 | Mots-clés numérique vulnérabilité équité capabilités discrimination handicap | Fils rouges publics exclus

Les initiatives et expérimentations sont nombreuses qui s'appuient sur des outils numériques pour rendre la société plus inclusive pour les personnes ayant un handicap. 

Applis pour mobiles, montres connectées..., des solutions adaptées qui évitent l'écueil de la stigmatisation

Chaque année, des start-up sont créées pour proposer de nouvelles solutions aux personnes handicapées. Comme souvent, l’innovation vient palier des manques qui pénalisent les personnes handicapées, et finalement rétablissent de l’équité. Ainsi, face à la difficulté de louer un véhicule aménagé pour personne en fauteuil, Charlotte de Vilmorin, une jeune femme atteinte d’une maladie neuromusculaire depuis son enfance, a créé Wheeliz, site de location de véhicules permettant aux propriétaires d’une voiture aménagée qui ne s’en servent pas tous les jours de la louer directement à une personne en fauteuil qui en a besoin. Autre exemple : on sait que l’obligation d’accessibilité des établissements (mais aussi des transports, etc.) recevant du public pour les personnes handicapées, inscrite dans la loi du 11 février 2005, n’a été que partiellement tenue. L’idée est alors venue de créer des applications mobiles. Ces outils ne sont pas forcément destinés seulement aux personnes handicapées, comme Wegoto, une application mobile issue de la recherche grenobloise qui recherche l’itinéraire le plus accessible selon le profil de l'utilisateur. C'est un outil universel, non ciblé et non stigmatisant, pour favoriser les "mobilités douces".

Le projet Listen and Warn porté par des étudiants de Telecom ParisTech a reçu le prix coup de cœur 2017 de la Fondation Sopra Steria. Une montre connectée permet à des personnes sourdes ou malentendantes de disposer d’un moyen alternatif aux appareils auditifs actuels. L’objectif de ce qui reste à ce jour un prototype est de détecter des mots et des sons clés dans l’environnement proche pour alerter les utilisateurs, leur permettant de mieux interagir. Comme on le voit dans une présentation vidéo sur youtube, le dispositif repose sur une montre connectée qui n’a rien de stigmatisant.

Souvent, c’est grâce à une campagne de financement participatif ou crowdfounding que le projet peut naître : c’est le cas de Wheeliz déjà cité, ou encore de l’appli WatcHelp créée en 2016. Elle permet aux enfants et personnes atteintes de troubles cognitifs et mentaux (autisme, Alzheimer, trisomie…) d’être davantage autonomes : à leur poignet s’affiche à mesure les tâches programmées par les aidants, ce qui évite de s’épuiser à leur répéter sans cesse les mêmes consignes…

 

Des ateliers de bricolage

A côté de ces multiples réalisations, une autre piste est celle ouverte par les ateliers de bricolage qui permettent aux personnes handicapées de réparer par elles-mêmes un appareil défaillant, un fauteuil par exemple, ou de trouver des solutions techniques adaptées à leur handicap. Pour le moment unique en son genre et surmédiatisé, l’Humanlab V1 porté par l'association « My Human Kit » est un atelier de fabrication numérique dédié à la santé, localisé à Rennes. Son slogan : « La force combinée de la solidarité (Tous Ensemble), du fait maison (Do It Yourself) et de la fabrication numérique (FabLab) !». L’atelier est ouvert un jour par semaine, le jeudi. L’initiateur du lieu, Nicolas Huchet — Nicomak sur son blog — parle d’ « handicapowerment », pour signifier l’idée que ce type d'initiatives donne aux personnes handicapées du pouvoir d’agir, non seulement de la confiance en soi, mais des capacités nouvelles.