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Le travail social en quelques chiffres


Aurélien Boutaud | 1 juin 2017 | Mots-clés Travail social statistique métiers politiques publiques accompagnement | Fils rouges chiffres

Les statistiques sur le travail social ne sont pas légion en France. La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a tenté de palier ce manque en 2014, en produisant une étude sur la démographie des travailleurs sociaux. En adoptant une définition très large du travail social, les auteurs sont ainsi parvenus à un chiffre assez considérable de personnes concernées, aux profils et aux compétences très variés. Mais l’étude a également mis en évidence de fortes disparités dans la répartition de ces différents métiers sur le territoire. Retour sur quelques-unes des principales conclusions de la DREES.

1,2 million de travailleurs sociaux

La "démographie" des travailleurs sociaux n’est pas facile à établir. La seule définition donnée dans le cadre de la Loi correspond à l’article L.451.1 du code de l’action sociale et des familles, qui liste 14 métiers directement rattachables à un diplôme ; à ces professions très diversifiées (tableau ci-après) la DREES a ajouté les assistantes maternelles. Et comme ces différents métiers sont répartis dans plusieurs secteurs d’activité, la DREES  a dû recouper les données de nombreux fichiers pour obtenir un total de d'1,2 million de travailleurs sociaux en France en 2011. Un chiffre considérable, qui s’explique par la définition assez étendue donnée par la DREES à cette notion de travail social – très loin des seuls assistants de service social auxquels on pense spontanément et qui ne représentent qu’une infime partie de ce total.

 

39% des travailleurs sociaux sont employés par des particuliers

Autre surprise, parmi ces travailleurs, la DREES remarque que 39% sont directement employés par des particuliers employeurs. Les deux tiers d’entre eux sont employés comme assistants maternels ou comme gardes d’enfants à domicile. Les autres sont employés par des particuliers comme aides à domicile auprès de personnes âgées dépendantes ou auprès de personnes en situation de handicap. Le plus souvent, ces métiers sont pratiqués à temps partiel (voire « très partiel »), comme l’avait démontré une précédente étude de la DREES.  

L’assistance aux personnes âgées et en situation de handicap en tête des effectifs…

Si la garde d’enfants représente le premier secteur d’emploi parmi les travailleurs sociaux employés par les particuliers, il n’en va pas du tout de même parmi les 61% de ceux qui sont employés par des organismes privés ou publics. Parmi ceux-ci, plus de la moitié exercent en effet auprès de personnes âgées, le plus souvent en tant qu’aides à domicile… et généralement dans des emplois, là encore, à temps partiel. Ce dernier point est clairement illustré par le fait que les 330.000 travailleurs sociaux travaillant comme aides à domicile ne représentent que 197.000 emplois en équivalent temps plein (ETP). Le second secteur employeur concerne l’hébergement et l’accompagnement de personnes en situation de handicap, soit 123.000 personnes exerçant des métiers liés à l’aide médico-psychologique ou encore l’éducation spécialisée auprès de ces publics.

…assez loin devant l’assistance sociale

Même si on pense souvent à eux lorsqu’il est question de travail social, les professionnels oeuvrant dans le domaine de l’accompagnement social sont en réalité très minoritaires. L’emploi dans le secteur était estimé en 2011 à un peu moins de 100.000 salariés, parmi lesquels on trouve un tiers d'assistants de service social (ASS) – soit 5% des travailleurs sociaux employés par des organismes. Les conseillers en économie sociale familiale (CESF) sont quant à eux encore moins nombreux (10.000). Et malgré leur grande polyvalence, ASS et CESF sont très inégalement répartis dans les différentes régions, allant de 50 à 88 professionnels pour 100.000 habitants.

Plus intéressant, la DREES avoue avoir du mal à expliquer ce phénomène de répartition inégalitaire des travailleurs sociaux, constatant par exemple que ces taux sont peu corrélés au niveau de vie ou encore au taux de pauvreté. Le constat est d'ailleurs assez similaire en ce qui concerne les professionnels de l’éducation spécialisée. Ce qui laisse à penser que l'offre et la demande en matière de travail social ne seraient pas forcément en adéquation sur l'ensemble du territoire...