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Les CCAS, en première ligne de l'expérimentation pour l’inclusion bancaire


Pierre Grosdemouge | 29 mars 2016 | Mots-clés surendettement | Fils rouges politiques publiques

Pour les CCAS (Centre Communal d'Action Sociale), les difficultés budgétaires rencontrées par les ménages et les phénomènes d’exclusion financières et bancaires ont un impact immédiat sur l’action sociale. Ils aboutissent fréquemment à une augmentation des demandes d’aide, à une fragilisation du maintien dans le logement, à des freins multiples à la reprise d’emploi… Les CCAS sont donc en première ligne pour expérimenter des dispositifs d’inclusion financière et bancaire.

À Grenoble, une plateforme-budget en appui des usagers en difficulté financière. 
En 2010, Le CCAS de Grenoble a mis en place, avec l’agence nouvelle des solidarités actives (ANSA), une « plateforme budget ». Ce point d’accueil gratuit permet aux habitants rencontrant des difficultés budgétaires (quel que soit leur statut) de prendre rendez-vous avec une conseillère spécialisée en économie sociale et familiale (CESF) afin de faire le point sur leurs situations, de les conseiller et de mettre en place des solutions, en prenant si besoin appui sur les multiples partenaires de cette action.
 

Spécificités de la démarche

  • Une démarche pro-active
    Les personnes se trouvant en difficulté financière sont trop souvent amenées à aggraver leurs situation, faute de conseils et d’alternatives : augmentation de leur autorisation de découvert bancaire, sollicitation d’un crédit à la consommation supplémentaire, mauvaise priorisation des charges au détriment du loyer, etc. Elles sont souvent peu renseignées sur les dispositifs existant, et, pour des raisons éthiques, hésitantes à entrer dans une logique de demande d’aide. Sur ces constats, il était donc important pour le CCAS de chercher à toucher les publics le plus en amont possible du processus de surendettement. La plateforme s’appuie donc sur un large réseau de prescripteurs, appartenant au champ de l’action sociale, mais aussi à celui de la banque, des fournisseurs d’énergie. L’objectif est en particulier de toucher les classes moyennes, éloignées des travailleurs sociaux.
  • Un fonctionnement partenarial
    La plate-forme tend à réunir un ensemble de partenaires concernés par les problèmes d’impayés : les banques, les fournisseurs d’énergie, les bailleurs, crèches, cantines, centres de loisirs, transports, assurances, … Ce partenariat facilite la détection, la prescription, mais aussi la construction de solutions viables (étalement, négociations…). Cela permet également aux conseillers de proposer aux usagers une approche globale de leur situation et un panel de solutions. 
  • Une évaluation continue
    Se situant dans une démarche expérimentale assumée, le dispositif est évalué en continu, et des données sont recueillies en permanence sur le public touché. Près de 400 rendez-vous ont été pris la première année, donnant lieu à différentes actions : conseils, suivi budgétaire, renégociations de crédit, dossiers de surendettement… 

Un succès qui fait école
Les résultats probant de cette expérimentation ont conduit en 2014 le gouvernement à entamer une généralisation sur le territoire national de Points Conseil Budget (PCB). Le gouvernement y voit un enjeu de prévention de la précarité, mais aussi de réduction des couts de l’aide sociale, grâce à la grande efficience de ce type de dispositifs.

Voir le rapport de préfiguration de la mise en place du dispositif, réalisé par l’ANSA et la DGCS (2013) ainsi que l’appel à candidature pour l’expérimentation des Points Conseil Budget (2015)