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Les statistiques sur la pauvreté et les inégalités sont-elles fiables ?


Aurélien Boutaud | 4 janvier 2016 | Mots-clés pauvreté statistique inégalité retraite | Fils rouges chiffres

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Il est rare qu’une publication de l’Insee sur le niveau de vie des français fasse autant parler d’elle. En annonçant une réduction sensible des inégalités et de la pauvreté en 2013, le rapport publié en septembre par la célèbre institution statistique a pourtant surpris tout le monde. Dans un article paru dans le magazine en ligne Basta!, Ivan du Roy revient sur les déclarations controversées qui ont suivi la publication de ces chiffres. D’un côté, l’annonce a bien entendu provoqué les cris de victoire des partisans du gouvernement. Dans un contexte marqué par les mauvaises nouvelles sur le front de l’emploi, on comprend l’enthousiasme de certains à l’annonce d’une réduction de l’écart de niveaux de vie entre les 20% les plus pauvres et les 20% les plus riches. Et leur satisfaction est d’autant plus grande que, dans le même temps, 176 000 personnes seraient sorties de la pauvreté.
 
Mais de son côté, Louis Maurin met en garde contre une interprétation trop optimiste des chiffres de l’Insee. Le directeur de l’observatoire des inégalités remarque par exemple qu’« on ne sait pas encore combien les 10% les plus riches ont gagné en moyenne ». L’insee se contente donc de calculer l’écart entre les seuils d’entrée de chacune des catégories ; or il est assez probable qu’au sein des catégories extrêmes les écarts se soient creusés. Quant à la pauvreté, Louis Maurin rappelle qu’elle est définie par rapport au revenu médian. Or si ce dernier baisse ou stagne, le nombre de pauvres suit la tendance. Ce qui ne signifie évidemment pas pour autant que les pauvres s’en sortent mieux… 

Pour compléter l’analyse de l’Insee, le directeur de l’observatoire des inégalités suggère de s’intéresser à certains indicateurs alternatifs, comme par exemple celui sur les privations qui montre que 5% des Français ne parviennent pas à subvenir à certaines dépenses élémentaires.

De quoi relancer l’éternel débat sur les statistiques sociales…