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Les Structures d’Insertion par l’Activité Economique : quelles modalités d’accompagnement ?


Boris Chabanel | 29 août 2017 | Mots-clés accompagnement chômage entreprise | Fils rouges emploi & insertion

Les structures de l’insertion par l’activité économique (SIAE) s’adressent aux personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières et leur proposent un parcours d’insertion, c’est-à-dire un emploi associé à un accompagnement social et professionnel personnalisé qui doit favoriser leur retour sur le marché du travail « classique ». S’appuyant sur une enquête réalisée auprès des 3 719 SIAE conventionnées par l’Etat, une étude récente de la Dares permet de mieux cerner les formes d’accompagnement mises en œuvre par ces organismes.

L’étude rappelle tout d’abord que, parce qu’elles sont entièrement dédiées à l’accueil de public en difficulté, les SIAE perçoivent compenser la moindre productivité des salariés en parcours d’insertionetpermettre aux structures de leur fournir un encadrement et un accompagnement adapté lors des activités productives. Autre point de repère essentiel pour comprendre le fonctionnement du secteur de l’IAE, selon leurs besoins et l’offre locale d’insertion, les personnes peuvent être recrutées dans deux grands types de structures.

  • D’un côté, les entreprises d’insertion (EI) et les ateliers et chantiers d’insertion (ACI) qui sont desstructures de production les employant directement en contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI) ou en contrat aidé.
  • D’un autre côté, les associations intermédiaires (AI) et les entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI) qui les mettent à disposition respectivement auprès de particuliers et d’entreprises clientes.

L’accompagnement proposé par les SIAE comprend à la fois un accompagnement sur le poste de travail et accompagnement socioprofessionnel. Le premier volet est assuré par les « encadrants techniques » dans les ACI et les EI – qui ont une activité de production – et  les « chargés du suivi des missions » dans les AI et les ETTI - dont le fonctionnement se rapproche de celui des entreprises d’intérim. Leur rôle est d’organiser le travail des salariés en insertion et de leur faire acquérir les comportements professionnels attendus. Le second volet est pris en charge par les accompagnateurs socioprofessionnels (ASP) qui ont pour mission d’aider individuellement les salariés en assurant l’élaboration et le suivi des parcours d’insertion : aide dans les démarches administratives et pour établir un lien avec les services sociaux selon la nature des freins à l’emploi ; définition du projet professionnel du salarié en vue d’une sortie vers l’emploi « classique ». Selon leur nature, certaines actions d’accompagnement sont plus susceptibles d’être réalisées à l’aide de personnes ou d’organismes extérieurs à la structure.

Concernant la mise en œuvre de l’accompagnement, l’étude fait ressortir plusieurs points clés :

  • Au début du parcours d’insertion, les salariés bénéficient dans presque tous les cas d’une présentation de leur poste de travail et sont interrogés sur leurs souhaits professionnels (voir graphique ci-dessous). Un référent interne est également souvent désigné même si c’est moins le cas dans les AI et les ETTI compte tenu de la nature de leur activité.
  • Pendant le parcours d’insertion, le plus souvent les SIAE élaborent avec le salarié un projet de formation, établissent des bilans des capacités professionnelles et évaluent la tenue du poste de travail (voir graphique ci-dessous).
  • La quasi-totalité des structures déclarent suivre la mise en œuvre du projet professionnel de leurs salariés en insertion et mènent à cette fin des entretiens de suivi de parcours, dont elles modulent fréquence en fonction des difficultés des salariés.
  • Les salariés en parcours d’insertion peuvent également bénéficier de formations variées (voir graphique ci-dessous) ; à noter, 70 % des SIAE déclarent être confrontées à des difficultés pour mettre en œuvre des formations : difficultés de financement, refus ou réticence du salarié, insuffisance de l’offre de formation à proximité.
  • Compte tenu de la durée limitée du parcours d’insertion et du fait que les SIAE n’ont pas vocation à pérenniser les salariés sur leurs postes, la plupart d’entre elles préparent la sortie de leurs salariés, à travers différentes actions (voir graphique ci-dessous) : aide à la rédaction d’un CV actualisé et initiation aux techniques de recherche d’emploi, aide à la recherche effective d’un emploi auprès de partenaires ou d’entreprises hors IAE, aide au maintien du lien avec Pôle emploi, délivrance d’un relevé de compétences acquises…

Au total, lesACI apparaissent comme les structures qui mobilisent le plus d’outils d’accompagnement. Ceci reflète le fait que les ACI sont souvent assimilés à la première marche du dispositif IAE puisqu’ils accueillent les personnes les plus éloignées de l’emploi.

Source : Dares, 2016