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Qualité du parcours santé des plus de 75 ans : des avancés intéressantes


Sylvie Mauris-Demourioux | 9 janvier 2017 | Mots-clés vulnérabilité politiques publiques vieillissement santé accompagnement

En ce début d’année 2017, l’Agence Nationale d'Appui à la Performance des établissements de santé et médico-sociaux (ANAP) donne la parole à Alexandre Farnault, Directeur du projet national Paerpa. Sous son air rugueux, le Paerpa ambitionne de  « faire en sorte que chaque Français, âgé de 75 ans et plus, reçoive les bons soins par les bons professionnels, dans les bonnes structures au bon moment, le tout au meilleur coût. » Depuis 2014, avec le soutien du Ministère des Affaires sociales et de la Santé et l’appui de l’ANAP, neuf territoires s’efforcent donc d’améliorer le parcours santé de leurs aînés en agissant sur deux axes : d’un côté la prévention des principaux facteurs d’hospitalisation que sont les chutes, la polymédication, la dénutrition et la dépression, et de l’autre l’optimisation de la coordination des professionnels sanitaires, sociaux et médico-sociaux. Cette optimisation repose sur quelques principes communs : la subsidiarité (éviter de créer des structures supplémentaires mais bâtir sur l’existant), la transversalité des actions déployées entre ces trois secteurs et la mutualisation (réorganiser les dispositifs pour améliorer leur cohérence, etc..).

Paerpa : un parcours mieux coordonné© Ministère des affaires sociales et de la santé

Les expérimentations se sont développés autour des axes suivants : 

-  Renforcer la coordination des professionnels de proximité, notamment via l’instauration d’un plan personnalisé de santé (PPS), outil pluri-professionnel et pluridisciplinaire réunissant, autour du patient, médecin, infirmier, kinésithérapeute et pharmacien.

-  Développer des outils de liaison entre ville et hôpital pour prévenir les hospitalisations et les réhospitalisations évitables (selon la Haute Autorité de Santé (2008), 15% des +75 ans sont réhospitalisés dans les 30 jours du retour à domicile dont ¼ évitables). Les actions ciblent le repérage systématique des personnes âgées dans les hôpitaux ou encore l'amélioration des circuits de l’information, de l’hébergement temporaire, etc..

-  Améliorer la médication des personnes âgées consommant, en moyenne, entre 8 et 10 médicaments par jour. 

-  Faciliter l’orientation et l’information des professionnels et des usagers par la création d’une plateforme accessible via un numéro unique. Première étape vers cette plateforme : la mise en place de Coordination territoriale d’appui (CTA) sur chaque territoire. 

Paru en octobre dernier, un premier bilan, centré sur la mise en place de ces CTA, atteste de la vitalité des expérimentations et de la diversité des chemins empruntés, reflet de la variété des contextes locaux (milieu urbain ou rural, caractéristiques socio-économiques, données disponibles sur les prescriptions médicamenteuses, modalités de structuration existante des acteurs, etc.). Décloisonnement des secteurs, changement des pratiques professionnelles, lisibilité et cohérence des dispositifs semblent au rendez-vous. Restent encore à surmonter des enjeux techniques comme le développement de nouveaux systèmes d’information adaptés aux outils et pratiques des professionnels de santé libéraux, notamment pour la mise en place des PPS, ou des défis liés à la pérennisation des dispositifs, à l’intégration et l’acculturation ou encore à l’évaluation et l’amélioration des outils avant leur déploiement à l’échelle nationale.

Après ces deux ans d’expériences, Alexandre Farnault confirme le succès naissant rencontré par le Paerpa là où il est mis en œuvre. En conséquence, le dispositif est étendu à au moins un territoire de chaque région française dans le cadre du Pacte territoire santé. Restera un dernier défi de taille : généraliser sans uniformiser en laissant aux acteurs locaux la souplesse d’adaptation dont ils bénéficient dans le cadre de l'expérimentation.