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Quel accompagnement des bénéficiaires du Contrat de Sécurisation Professionnelle ?


Boris Chabanel | 30 décembre 2017 | Mots-clés accompagnement chômage | Fils rouges emploi & insertion

Depuis 2011, le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) est l’un des dispositifs d’accompagnement proposés aux salariés licenciés pour favoriser leur reclassement ou leur reconversion professionnelle. Toutes les personnes licenciées pour motif économique d’une entreprise de moins de 1 000 salariés ou d’une entreprise en dépôt de bilan (redressement ou liquidation judiciaire), quelle que soit sa taille, y sont éligibles. Le CSP a pour objectif de proposer un accompagnement intensif (entretiens hebdomadaires avec un conseiller, accès facilité à la formation…) et personnalisé (conseiller unique dont la taille du portefeuille est réduite, élaboration d’un plan de sécurisation professionnelle (PSP) comprenant des prestations d’accompagnement adaptées au projet professionnel du bénéficiaire…). Une enquête réalisée par la Dares et l’Unedic en 2015 vise à étudier l’entrée dans le dispositif, la période d’accompagnement et les prestations mobilisées. En plus des bénéficiaires du CSP, trois autres publics ont été interrogés dans le cadre de cette enquête : d’autres licenciés économiques, des licenciés pour motif personnel et des signataires d’une rupture conventionnelle. Au total 9 773 demandeurs d’emploi ont été interrogés dans le cadre de cette enquête.

L’enquête montre tout d’abord que 86% des licenciés économiques « éligibles » au CSP font le choix d’adhérer au dispositif, en raison principalement du niveau d’indemnisation et des formations auxquels il permet d’accéder. L’étude s’attache également à comparer l’accompagnement délivré dans le cadre du CSP à celui dont bénéficie les autres demandeurs d’emplois. Les résultats démontrent clairement que l’accompagnement prodigué aux bénéficiaires du CSP est effectivement renforcé.

  • Relations avec les conseillers (voir tableau 5 ci-dessous) : Environ deux tiers des bénéficiaires du CSP déclarent avoir eu plus d’un entretien avec un conseiller contre la moitié pour les autres populations. En outre, plus de deux tiers des adhérents au CSP ayant eu plusieurs entretiens avec un conseiller déclarent qu’ils ont été suivis par le même conseiller ; ce n’est le cas que pour la moitié environ des autres demandeurs d’emploi. Dans le cadre du CSP, l’aide prodiguée par le conseiller paraît plus consistante et diversifiée (voir tableau 5 ci-dessous). Ainsi, pour la très grande majorité des demandeurs d’emploi interrogés, le ou les conseillers étaient à l’écoute ou un soutien, mais, face à un demandeur d’emploi ayant eu besoin d’une aide effective (6), c’est dans le cadre du CSP que leur assistance a plus souvent dépassé la simple écoute. Au bout de 18 mois, deux tiers d’entre eux estiment que le conseiller les a aidés dans les recherches d’emploi contre environ quatre sur dix pour les autres ; près de deux tiers encore considèrent que le conseiller leur a permis de définir leurs besoins de formation ou d’en obtenir une, ce n’est le cas que pour environ un tiers des autres demandeurs d’emploi.
  • Accès à la formation et aux prestations d’accompagnement (voir tableau 6 ci-dessous) : Le taux d’accès aux principales prestations d’accompagnement proposées aux demandeurs d’emploi et à la formation est plus élevé pour les adhérents au CSP. Parmi les 3 ateliers distingués dans l’enquête (rédaction de CV ou de lettres de motivation ; préparation aux entretiens d’embauche ; ciblage de recruteurs potentiels), le plus utilisé porte sur la rédaction de CV ou de lettres de motivation. Ces ateliers sont particulièrement adaptés aux personnes sans expérience récente de recherche d’emploi, ce qui est le cas de la plupart des bénéficiaires de CSP. Les évaluations en milieu de travail (EMT) sont souvent utilisées pour permettre la découverte d’un métier ou pour préparer à une formation. De fait, la corrélation entre l’accès à une EMT et l’accès à la formation est très forte. Concernant l’accès à la formation, le dispositif CSP ne parvient pas cependant à contrebalancer les inégalités d’accès à la formation : parmi les CSP, les individus qui percevaient un salaire inférieur à 1 000 € et les moins diplômés ont, toutes choses égales par ailleurs, une probabilité moindre d’accéder à la formation que les plus qualifiés.

Au total, les bénéficiaires du CSP paraissent globalement plus satisfaits à l’égard du suivi ou des prestations reçues que les autres demandeurs d’emploi. Plus des deux tiers d’entre eux les ont trouvés « plutôt utiles » ou « très utiles » (contre la moitié des autres demandeurs d’emploi). Par ailleurs, parmi ces derniers, les CSP sont plus nombreux à l’avoir trouvé utile tout au long du parcours. Cette satisfaction persiste même avec un recul de six mois : au 18e mois, ils sont également plus nombreux à déclarer que le suivi qu’ils ont reçu était adapté à leurs besoins : 75 % contre 53 % à 59 % pour les autres demandeurs d’emploi. Lorsqu’ils ont eu accès à au moins un atelier ou une formation, environ trois quarts des bénéficiaires du CSP déclarent que le suivi était « très utile » ou « plutôt utile » alors qu’ils ne sont plus que 52 % lorsqu’ils n’ont pas suivi d’atelier et 60 % lorsqu’ils n’ont pas bénéficié de formation. Enfin, les bénéficiaires du CSP sont plus nombreux à déclarer que le suivi ou les prestations reçues ont amélioré leurs chances de retour à l’emploi : 56 % contre 34 % à 38 % pour les autres demandeurs d’emploi. La raison la plus souvent évoquée par l’ensemble des demandeurs d’emploi est le fait que le conseiller était à leur écoute (voir tableau 15 ci-dessous).