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Enquête « Besoin de Main d’œuvre » 2018 : une forte progression des embauches en perspective


Boris Chabanel | 30 avril 2018 | Mots-clés statistique entreprise | Fils rouges emploi & insertion

Pilotée par Pôle Emploi et réalisée par le Crédoc, l’enquête Besoins en Main-d’oeuvre (BMO) vise à mieux connaître les intentions de recrutement des employeurs, ce qui peut permettre notamment de mieux adapter l’effort de financement des formations préparant à des métiers en tension. L’enquête BMO 2017 a été réalisée entre octobre et décembre 2016 dans les 13 régions métropolitaines et 5 départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte), et porte sur l'ensemble des employeurs hors administrations de l’État (Ministères, Police, Justice…) et entreprises publiques (Banque de France…). Au total, 1,7 million d’établissement ont ainsi été interrogés. Une synthèse des résultats réalisée par Pôle Emploi fait ressortir plusieurs enseignements.

La tendance à la hausse des intentions d’embauche, déjà sensible en 2017, s’amplifie : en 2018, 370 000 projets de recrutement supplémentaires sont prévus par rapport à l’an dernier (soit une progression de 19%). Au total, près de 2,4 millions d’embauches potentielles sont prévues cette année. Une autre tendance positive qui se confirme concerne la qualité des emplois. 41,7% des recrutements sont envisagés en CDI, soit 3 points de plus qu’en 2017.

Les intentions d’embauche progressent dans tous les secteurs. Mais si les services constituent toujours le secteur anticipant le plus grand nombre de recrutements, c’est celui de la construction qui présente la plus forte progression des intentions d’embauche par rapport à 2017 (+37%), ce qui était déjà le cas l’an dernier par rapport à 2016. La seconde plus forte progression concerne l’industrie (+27,4%) où les secteurs de la fabrication de matériel de transport (+49,7%), de la métallurgie et des produits métalliques (+46,1%), sont particulièrement dynamiques. Par ailleurs, les intentions de recrutement dans le secteur des services aux entreprises poursuivent leur progression à un rythme soutenu de 22,5%, portées par le dynamisme du secteur du transport et entreposage (+32,4% par rapport à 2017) et celui des services scientifiques, techniques, administratifs et de soutien (+20,6%).

Couvrant 200 métiers, l’enquête permet également d’identifier ceux qui sont les plus porteurs en 2017. Parmi les 15 métiers les plus recherchés (représentant le nombre d’intention d’embauche le plus important), quatre cas de figure sont à distinguer (cf. graphique ci-dessous) :

- Métiers peu saisonniers et difficile à recruter : métiers des services à la personne (aides à domicile et aides ménagères), des aides-soignants et des ingénieurs et informaticiens.

- Métiers peu saisonnier et peu difficile à recruter : agents d’entretien de locaux.

- Métiers très saisonnier et peu difficile à recruter : métiers agricoles (viticulteurs, agriculteurs et ouvriers agricoles), aides de cuisine, employés de libre-service, vendeurs en habillement, ouvriers non qualifiés de l’emballage et de la manutention,  professionnels de l’animation socioculturelle, et artistes.

- Métiers très saisonner et difficile à recruter : métiers de la restauration (serveurs, cuisiniers et employés de l’hôtellerie).

A noter également, une grande partie des métiers les plus recherchés (tableau 1 ci-dessous) font également partie des métiers enregistrant les plus fortes hausses du nombre de projets d’embauche par rapport à l’an passé. Toutefois, d’autres métiers affichent également une hausse significative : conducteurs routiers, les conducteurs et livreurs sur courte distance, les techniciens et agents de maîtrise de la maintenance et de l’environnement (tableau 2 ci-dessous).

 

Par ailleurs, les employeurs anticipent une nette progression des difficultés de recrutement : celles-ci concerneraient 44,4% des projets d’embauche en 2018, contre 37,5% en 2017, soit 6,9 points supplémentaires. Ces difficultés anticipées restent plus importantes dans les petites structures (jusqu’à 55,6% dans les établissements de 5 à 9 salariés) et dans la construction (61,2% de projets difficiles, en hausse de 10,4 points) et l’industrie (50,3% en 2018, en hausse de 8,8 points). Les plus grandes difficultés concernent les métiers d’ouvriers qualifiés et de techniciens du bâtiment et de l’industrie, les métiers de l’aide à domicile, ou encore les bouchers.

Enfin, l’enquête BMO permet de disposer d’éclairages à différentes échelles de territoire (région, département, bassin d’emploi, etc.). 60 000 projets de recrutements sont anticipés sur la métropole de Lyon en 2018, contre 50 000 en 2017. La métropole lyonnaise représente ainsi 20% des intentions d’embauche régionales. Comme l’indique le graphique ci-dessous les métiers les plus recherchés concernent particulièrement les catégories suivantes, dont les trois premières présentent des difficultés anticipées de recrutements importantes :

  • Les métiers d’ingénieurs et cadres liés à la R&D et l’informatique
  • Les métiers de services à la personne
  • Les métiers de l’hôtellerie-restauration
  • Les métiers des services administratifs et commerciaux