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Gestion des compétences : quels avantages pour les entreprises ?


Boris Chabanel | 20 février 2020 | Mots-clés entreprise | Fils rouges emploi & insertion

L’accélération des mutations économiques et technologiques implique un renouvellement permanent des compétences nécessaires à l’activité des entreprises. Or, parce que l’appareil de formation national ne peut s’ajuster au même rythme que l’évolution des besoins des entreprises, il revient à ces dernières de s’engager dans une démarche permettant d’identifier, de mobiliser et d’actualiser les compétences de leurs salariés. C’est sur la base de ce constat que France Stratégie a mené une étude visant à mieux cerner les avantages des démarches de gestion des compétences ainsi que l’intensité avec laquelle les entreprises françaises (hors agriculture) y ont recours.

La publication de France Stratégie revient tout d’abord sur les notions de compétence - « une capacité à combiner un ensemble de savoirs, savoir-faire et savoir-être en vue de réaliser une tâche ou une activité » - et de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) – démarche consistant à adapter les emplois, les effectifs et les compétences aux besoins stratégiques des entreprises. Elle explicite ensuite les avantages a priori des démarches de gestion des compétences pour les entreprises :

  • Premièrement, elles permettent de mieux anticiper et maîtriser les conséquences des chocs économiques et technologiques (par exemple, la transformation numérique de l’économie), qui peuvent rendre obsolètes certaines compétences au sein de l’entreprise et appeler l’acquisition de nouvelles compétences par les salariés.
  • Deuxièmement, elles contribuent à réduire les difficultés de recrutement car elles permettent de mieux identifier les compétences nécessaires à l’entreprise et offrent la possibilité de trouver en interne les ressources nécessaires en valorisant celles déjà présentes. De plus, en mettant l’accent sur leurs besoins en compétences plutôt que sur des profils de candidats a priori, les entreprises s’ouvrent un éventail plus large d’opportunités de recrutement.
  • Troisièmement, elles favorisent la prise en compte de l’impact des compétences sur la performance économique et constituent la courroie de transmission entre la stratégie de l’entreprise et l’organisation du travail. Par exemple, la diffusion de systèmes de production automatisés entraîne des besoins accrus en termes de qualification, de responsabilisation, de motivation, de polyvalence du personnel et de coopération qui ne peut être satisfaits en l’absence d’une bonne gestion des compétences.

Ainsi, bien que le code du travail ne prévoie l’obligation de déployer une telle gestion prévisionnelle des compétences que pour les entreprises d’au moins 300 salariés, toutes les entreprises peuvent trouver un intérêt à entreprendre cette démarche. Pourtant, en dépit des multiples avantages mentionnés ci-dessus, les entreprises s’engagent peu et de manière très inégale sur ces sujets comme le montre l’étude de France Stratégie. Nous revenons sur ce point dans un second billet.