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Glossaire de l'exclusion à l'inclusion


Activation

« Action d’activer, accélération » dit le Larousse. L’activation se déploie dans deux directions : l’activation des personnes et l’activation des politiques. Du côté des personnes, c’est l’idée de la responsabilisation qui importe avec la possibilité de sanctions ou de contre-parties exigées des personnes aidées. Dans le cadre des politiques d’activation, c’est plutôt la notion d’investissement social qui est centrale : activer les dépenses sociales comme investissement pour l’avenir.

Cohésion

« Propriété d’un ensemble dont toutes les parties sont solidaires ; solidarité » dit le Larousse. Le discours de la cohésion sociale se construit à la fois dans une transformation du discours des politiques publiques qui passent du lutter contre au lutter pour (par exemple contre l’exclusion ou l’échec scolaire, pour la réussite scolaire ou pour l’inclusion) mais aussi dans l’idée que l’activation croissante des individus dans la société est la seule issue face à la crainte qui devient centrale dans les années 2000, celle d’un morcellement des sociétés. L’idée de l’égalité des chances monte, en parallèle d’un modèle de compétition équitable
entre individus qu’elle promeut.

Exclusion

« Action d’exclure d’un groupe, d’une action, d’un lieu, de chasser, d’écarter », pour le Larousse. Le terme s’est construit dans le constat d’un travail des sociétés sur elles-mêmes qui produisait une mise à l’écart de certains individus de la société (pauvres, indigents, fous, prisonniers, etc., …) Robert Castel considère que les individus sont pris dans un continuum social qui peut décliner des situations de dégradations des conditions sociales, sans pour autant les exclure.

Inclusion

« Inclure dans un tout » dit le dictionnaire. La Commission Européenne la définit ainsi : « l’inclusion active consiste à permettre à chaque citoyen, y compris aux plus défavorisés, de participer pleinement à la société, et notamment d’exercer un emploi. » Poursuivant les politiques d’activation croissante des individus dans leur manière de prendre place dans la société, le discours de l’inclusion et l’adjectif inclusif déplacent la perspective : il s’agit de faire en sorte qu’institutions, organisations, collectivités fassent une place à tous plutôt que de leur demander d’y prendre une place.

Insertion

« Fait de s’insérer, de s’attacher sur, dans quelque chose ; fait, manière de s’insérer dans un groupe, de s’y intégrer » pour le Larousse. Lorsqu’elles se déploient à la fin des années 1970, les politiques d’insertion visent des mesures partielles en attendant la sortie de crise des années 1973/1975. Robert Castel distinguait l’insertion de l’intégration en se demandant ce que serait une insertion sociale qui ne déboucherait pas sur une insertion professionnelle et donc sur l’intégration. D’une certaine façon, toutes les politiques d’insertion se sont construites en préalable à l’intégration, avec le risque de produire des insérés permanents, c’est-à-dire des personnes qui n’accéderaient pas à un « vrai » travail.

Intégration

« Action d’intégrer de s’intégrer » dit le Larousse. Historiquement, le terme envisageait la manière dont des individus prenaient place dans la société, via leur socialisation au sein de grandes instances institutionnelles (travail, famille, …). Son sens s’est déployé dans deux directions différentes. Sur le plan social, il a été peu à peu remplacé par le terme d’insertion, à partir des années 1970. Sur le plan ethnique, le terme s’est mis à viser les populations d’origine immigrée, à partir des années 1980.

Vivre-ensemble

Entré dans le dictionnaire du petit Larousse en 2014, le terme est défini comme « la cohabitation harmonieuse entre individus ou entre communautés ». Il a accompagné largement le discours de la cohésion sociale : la nécessité du vivre-ensemble pour éviter les logiques séparatistes et sécessionnistes de certaines populations.

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